Heures Musicales de l'Abbaye de Lessay

La Tempête
Simon-Pierre Bestion

La Tempête
Simon-Pierre Bestion

Friday 31 July 2020 à 21 h 00
Abbatiale de Lessay

JERUSALEM
LISZT |  ELIAZKOVA  |  SCHUTZ  |  MOULTAKA  |  ROSSI  |  CHANA  |  RACHMANINOV | 

 

  • Manuscrit du Saint-Sépulcre de Jérusalem (XIIe siècle)
    • Crucem sanctam
  • Franz LISZT (1881-1886)
    • Vexilla Regis prodeunt. Station I extraite du Via crucis
  • Chant traditionnel byzantin orthodoxe
    • Agni parthene. Chant à la Vierge en grec
  • Milena JELIAZKOVA
    • Hayasdan. Chant sacré en arménien
  • Heinrich SCHÜTZ (1585-1672)
    • Sur les rives du fleuve de Babylone. Psaume 136 de David, en allemand
  • Chant traditionnel byzantin melkite
    • Sur les rives du fleuve de Babylone. Psaume 136 de David, en arabe
  • Zad MOULTAKA (1967)
    • Mèn èntè. Poème de Mansur al-Hallaj (Xe siècle), mystique du soufisme persan (Islam)
  • Salomone ROSSI (1570-1630)
    • Sur les rives du fleuve de Babylone. Psaume 136 de David, en hébreu
  • Chant traditionnel yéménite (XVIe siècle)
    • Ora youval. Chant sacré en hébreu
  • Chant traditionnel yéménite (XVIe siècle)
    • Quenas sas figuras da Virgen partir. Cantigas de Santa Maria, recueil en galaïco-portugais
  • Maurice OHANA (1913-1992)
    • Cantiga de vela et cantiga del Azahar. Extraits des Cantigas
  • Chant traditionnel séfarade
    • Ir me kero madre a Yerushalaiym. Chanson sacrée bulgare
  • Chanson traditionnelle arabe
    • Ra7 7allfak ya tayr.Chanson d’amour en arabe
  • Franz LISZT (1881-1886)
    • Jesus wird ins Grab gelegt. extrait du Via crucis
  • Arvo PÄRT (1935)
    • Alleluia-tropus. Prière de St Nicolas de Myre en slavon
  • Sergueï RACHMANINOV (1873-1943)
    • Gospodi,spasiblagochestivyya. Liturgie de St Jean Chrysostome
  • Chant traditionnel de Bulgarie
    • Izraslodoervovissoko.Polyphonie profane bulgare
  • Jean-Louis FLORENTZ (1947-2004)
    • Asmarâ. Melt’ân sur le Psaume 8,en Ge’ez ou éthiopien liturgique
  • Codex Calixtinus (XIIe siècle)
    • Dum pater familias.Hymne des pèlerins – Laudes de St Jacques de Compostelle
  • Chant traditionnel arabo-andalou
    • Lama ba dâ Yatathanna. Muwashshah ou chanson d’amour


Durée 40 + 48 min (hors entracte)

32 musiciens et chanteurs, 2 chanteurs traditionnels


Le prophète est un infatigable voyageur, prêt à parcourir des kilomètres pour qu’ait lieu la rencontre entre sa parole et celui qui en est étranger. Il est par définition le messager d’un oracle, qu’il aurait lui-même reçu d’une vision divine. On le retrouve dans presque toutes les civilisations anciennes, sous diverses appellations. Il est comme un pilier, le référent moral d’une société. Suivre ses pas serait comme croire aveuglément en son message. Refuser d’emprunter ses voies, c’est choisir l’insécurité face au destin que le ou les dieux tracent.

On perd sans doute trop souvent de vue le fait que les prophètes forment un incroyable lien entre toutes nos sociétés méditerranéennes. Les trois grandes religions qui sont issues du monothéisme, fondatrices de notre culture au même titre que la civilisation gréco-romaine, sont unies par ces personnages mythiques. Depuis Abraham, jusqu’à Mahomet, en passant par Isaac, Elie, Noé, David, Salomon ou Jésus ; l’ensemble de ces prophètes (dont certaines religions reconnaissent ou non ces derniers sous cette appellation) ont nourri et nourrissent toujours l’imaginaire collectif de nos sociétés.
Au coeur de cette communauté de pensée, une ville rayonne depuis plus de 3000 ans au sein de nos civilisations : Jérusalem. Lieu de paix et de fraternité autant que de conflits incessants, son incroyable aura ne cesse de se diffuser jusqu’aux confins de l’Europe et de l’Orient. Ville « trois fois sainte », elle rassemble encore aujourd’hui une multitude de communautés diverses issues du monothéisme fondateur. Pour les musulmans, elle est la ville la plus proche du ciel, une porte ouverte en permanence vers Dieu, d’où Mahomet a fait son ascension (miraj) accompagné de l’ange Gabriel lors de son voyage nocturne. Pour les chrétiens, il s’agit de la ville où Jésus est d’abord acclamé, et où il sera ensuite crucifié, avant de ressusciter. Pour les juifs, elle est la « fille de Sion », l’ancienne capitale du royaume de David et la cité qui recevra l’arrivée du Messie. Les églises chrétiennes ne sont-elles pas généralement orientées vers elle, et les juifs ne doivent-ils pas effectuer leur prière quotidienne tournés vers elle (de la même façon, les premiers musulmans, avant de s’orienter vers la Mecque, tournaient leurs prières vers Jérusalem, qu’ils appelaient Al-Qods, « La Sainte ») ?
L’histoire que nous allons vous raconter s’inscrit dans un large voyage temporel et géographique, puisant ses origines dans les racines multiples et complexes de nos sociétés méditerranéennes millénaires. Chaque chant entre en résonance à la fois avec toute infime partie de l’édifice que nous habitons, mais aussi avec nos propres sentiments, fruits de nos éducations diverses. Il s’agit d’un parcours musical libre, se jouant des siècles et des lieux traversés, et qui tente d’offrir une perception magnifiée de nos différences, quand tous ces rites se font écho les uns aux autres. Douze langues se côtoient et se répondent alternativement. Elles sont le reflet de la richesse de ce carrefour, au confins de la Méditerranée : latin, grec, arménien, arabe, hébreu, galicien, espagnol, bulgare, turc, slavon, éthiopien, judéo-espagnol. Autant de couleurs dans ces langues que dans la palette instrumentale et vocale dont nous disposons : 13 instruments à vents anciens, modernes et orientaux, un ensemble de percussions conséquent, des voix riches d’une large tessiture usant de vocalités très diverses selon les répertoires et les pays empruntés. Prières, berceuses, danses, chansons d’amour, invocations, ces musiques forment un grand rituel vocal unifié et dédié à l’amour et au souvenir de Jérusalem, cité mystique et intemporelle, dont une part de chacun de nous vibre en elle. Dans « le Prophète », Khalil Gibran s’exprimait ainsi : « Non, ce n’est pas sans blessure à l’âme que je quitterai cette ville. (…) Nombreuses sont les parcelles d’esprit que j’ai dispersé en ces rues (…) »

Simon-Pierre Bestion


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