Heures Musicales de l'Abbaye de Lessay

Les Arts Florissants
Paul Agnew


Les Arts Florissants
Paul Agnew

Paul Agnew direction musicale
Les Arts Florissants Choeur et orchestre
Mardi 21 Juillet 2020 à 21h00
Abbatiale de Lessay

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HAENDEL’S TENORS |  

  • Concerto pour orgue opus IV n°3
    • Adagio
  • Look down, harmonious Saint
    • Cantate HWV 124 (1736)
  • Concerto Grosso opus VI n°7
    • Largo
    • Allegro
    • Largo, e piano
    • Andante
    • Hornpipe
  • La Resurrezione
    • Oratorio HWV 47 (1707)
    • Aria (San Giovanni) “Quando è parto dell’affetto”
    • Aria (San Giovanni) “Ecco il sol ch’esce del mare”
    • Aria (San Giovanni) “Caro figlio, amato Dio”
    • Instrumental
  • Semele (1743)
    • Air (Jupiter) “Where’er you walk, cool gales shall fan the glade”
  • Jephtha (1751)
    • Air (Jephtha) “His mighty arm, with sudden blow, dispers’d”
    • Air (Jephtha) “Waft her, angels, through the skies”


Durée 68 min
Orgue, quintette à cordes, théorbe et un instrument à vent

Dans notre époque contemporaine, nous avons tant de révérence et d’admiration pour ce que nous appelons « musique ancienne » que nous avons tendance à oublier que lorsque cette musique fut créée, le goût du public était exclusivement tourné vers la musique contemporaine ; musique récemment écrite, usant des plus modernes techniques et dispositifs expressifs. Avec cela à l’esprit, il est clair que les compositeurs de la musique baroque écrivaient pour des chanteurs spécifiques qu’ils connaissaient et avec qui ils travaillaient régulièrement. Alors, les compositeurs, et particulièrement Haendel, adaptaient leur style aux spécificités de leurs chanteurs. Haendel était très fidèle à ses solistes, à la fois peut-être par admiration pour leurs talents et à la fois, sans aucun doute, parce que leur réputation remplissait les théâtres de spectateurs enthousiastes et prêts à payer. Il est vrai que du temps de Haendel, les diva soprani et les extraordinaires castrats pouvaient attirer les foules mais les ténors et les basses avaient toutefois leurs partisans, et Haendel écrivit quelques-unes de ses plus belles et songeuses partitions pour ses ténors.

Au tout début de sa carrière, Haendel passa quelques années en Italie avec l’objectif d’approfondir ses connaissances sur la composition au berceau même de la musique baroque. Bien et malgré sa jeunesse, il fût engagé par quelques-uns des plus riches entrepreneurs musicaux (souvent des membres supérieurs du clergé) pour composer de somptueux oratorios pour des instrumentistes virtuoses (entre autre Archangelo Correlli) et les chanteurs les plus célébrés de leurs époques. C’est le cas de la Resurrezione composée en 1708 pour le Cardinal Pamphili à Rome. Son ténor à cette occasion, qui chanta le rôle de Saint Jean, le plus proche ami de Jésus, fut Vittorio Chiccheri, adulé à Rome pour la souple expressivité de sa voix et habitué à créer des rôles pour des compositeurs comme Caldara, Albinoni, Alessandro et Domenico Scarlatti. Durant le séjour d’Haendel à Rome, Chiccheri était souvent engagé par le Cardinal Ruspoli, pour qui Haendel écrivit beaucoup de ses cantates et nous présumons qu’Haendel et Chiccheri se connaissaient très bien. C’est l’époque où Haendel adapta son style au goût contemporain italien et dans les airs de Saint Jean, nous entendons presque des mélodies sonner comme des rappels des airs populaires de l’époque. La musique est relativement peu respirée, sonnant improvisée, mais immédiatement expressive, presque à atteindre le sentiment. Tant que nous ne saurons pas quand Chiccheri est né, il est difficile de donner son âge quand il rencontra Haendel. Il meurt dans sa Rome natale en 1754, cinq ans avant la mort de Haendel.

Quand Haendel partit pour Londres, il fit d’abord sa fortune dans le genre italien de l’Opera Seria mais comme les goûts changent, le compositeur dut se réinventer lui et sa musique dans ses célèbres oratorios anglais, le plus connus d’entre eux étant bien sûr Le Messie.  Il y a relativement peu de rôles importants pour voix de ténor dans les opéras, reflet peut-être de la prédominance des voix de sopranos et castrats, mais aussi peut-être à cause de l’absence de ténor star italien convenable à Londres à l’époque. Haendel, en passant de l’italien à l’anglais, fut capable d’exploiter plus de talents locaux et commença à écrire des rôles importants pour voix de ténor, et en particulier pour un ténor nommé John Beard. Haendel connut John Beard quand le chanteur était encore un enfant dans le chœur de la Chapel Royal et il l’engagea pour chanter les solos pour ténor dans Alexander’s Feast alors qu’il avait tout au plus 18 ans. Ce fut le début d’une relation musicale qui ne prit fin qu’à la mort du compositeur et Beard est le seul chanteur – toutes tessitures confondues – à avoir eu un rôle dans chaque oratorio écrit par Haendel.

La participation de Beard dans l’Alexander’s Feast nous amène à revenir à la pièce d’ouverture de notre concert, la cantate dédiée à Sainte Cécile, « Look down Harmonious Saint ». Cette cantate était à l’origine une partie de l’Alexander’s Feast et bien que nous ne soyons pas certain de qui chanta cette cantate à sa création, la participation ultérieure de Beard à la version finale de l’Alexander’s Feast suggère fortement qu’Haendel avait la voix du jeune ténor en tête lorsqu’il composa. La voix de Beard est assez différente de la voix de Vittorio Chiccheri. Les ornements italiens et l’explicite sentimentalité sont remplacés par de longues tenues sonores et de virtuoses couleurs. Beard était connu comme un chanteur puissant et le chroniqueur Charles Burney écrivit à propos de Beard qu’il « possédait constamment les faveurs du public par son comportement supérieur, ses connaissances musicales et son intelligence comme acteur ». Plus tard il écrit également que Beard était « un énergique chanteur anglais, et un excellent acteur, qui fut éduqué à la King’s Chapel. Il savait autant de musique qu’il était nécessaire pour chanter un solo de prime abord et avec une voix qui était plus puissante que douce, il devint le chanteur le plus utilisé et favori de son temps, sur scène, à Ranelagh, pour tous les concerts ; et dans les oratorios d’Haendel, il avait toujours un rôle capital. »

Arrivé à maturité, les rôles que Beard chante pour Haendel gagne en importance. Il créa le rôle-titre de Sanson, Belshazzar et Judas Maccabaeus ; tous des rôles virils requérant un chant lyrique et martial, très loin de la quasi-improvisation de Saint-Jean dans la Resurrezione. Haendel écrivit le rôle-titre de Jephtha pour Beard à un moment de grande angoisse pour le compositeur ayant perdu la vue. Ce moment est conservé avec un caractère poignant dans le manuscrit de la partition. Le rôle lui-même requiert une grande expressivité et un sens du drame prononcé, de même que de la tendresse et de la compassion. La gamme émotionnelle y est plus vaste que dans aucun autre rôle écrit pour un ténor. Jephtha est le dernier grand oratorio de Haendel, et dans les années après la mort de Haendel, Beard devient le directeur de Covent Garden. Ainsi, il était bien placé pour aider à la continuité de la saison d’oratorios. Malgré de nouveaux ajouts au répertoire, il n’est pas surprenant que les pièces les plus populaires étaient celles associées à sa propre voix : Judas Maccabaeus, Sanson et Le Messie. L’augmentation de sa surdité obligea finalement Beard à arrêter de chanter à l’âge de 51 ans mais il décéda vingt pleines années plus tard en 1791.

Ces deux chanteurs créèrent la plupart des principaux rôles pour ténor de Haendel. Connaissant un petit peu de leur vie, nous avons alors plus qu’un aperçu de comment ils devaient chanter, les qualités de chacun qu’Haendel souhaitait développer et comment nous devrions appréhender cette musique aujourd’hui.

 

Paul Agnew

 


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